Gîtes, campings, domaines : reprendre l’entretien des haies en interne

Gîtes, campings, domaines : reprendre l'entretien des haies en interne

Dans un domaine qui accueille du public, les haies ne sont pas un décor. Elles séparent les emplacements, masquent le parking, coupent le vent sur les terrasses et isolent les gîtes de la route. Leur entretien est pourtant souvent confié à l’extérieur, une fois par an, sans que personne y réfléchisse vraiment. Jusqu’au jour où la question finit par se poser.

Pourquoi la sous-traitance a fini par poser problème

Imaginons un domaine type, construit à partir de situations fréquentes dans l’hébergement rural : cinq gîtes et une aire naturelle de camping, à peu près un kilomètre de haies, un tracteur de 45 CV qui sert à faucher les prairies et à entretenir les allées. Pendant des années, une entreprise vient tailler les haies. Le travail est fait, mais à son rythme. Le passage tombe parfois en pleine saison, au milieu des vacanciers, et une année au printemps, en pleine nidification, ce qui vaut au gérant quelques remarques de clients attentifs.

Avec le temps, d’autres défauts apparaissent. Les haies sont coupées chaque année au même trait, à l’épareuse, et les extrémités éclatées restent visibles tout l’hiver devant les gîtes. Leur base se dégarnit. Pour un camping, une haie vide en bas, c’est un emplacement qui voit celui d’à côté par-dessous, et des clients qui le remarquent. Le gérant finit par relever un paradoxe : son tracteur dort sous le hangar tout l’hiver, précisément pendant la période où les haies devraient être taillées.

Ce que la reprise en interne a demandé

Le premier sujet a été le matériel. Le domaine n’a ni talus ni fossés à faucher en quantité ; son besoin, ce sont des haies. Plutôt qu’une épareuse multifonction, le gérant se tourne donc vers un taille-haie à bras, une machine dédiée qui lui évite d’investir dans des capacités dont il ne se servirait pas.

Il compare plusieurs gammes, dont celle de la boutique Lideragri, qui indique pour chaque largeur de barre la plage de puissance de tracteur correspondante. Son 45 CV entre dans celle des modèles de 150 et de 180 cm. Le 180 cm aurait fait gagner des passages sur la longue haie qui borde la route, mais il aurait fallu le replier à chaque allée. Le gérant opte pour le 150 cm, plus facile à manier entre les emplacements, après avoir vérifié avec la notice que le circuit hydraulique du tracteur fournit bien ce que demande la machine.

Le deuxième sujet a été humain. C’est l’employé qui fauche déjà les prairies qui prend le taille-haie en main. Avant le premier passage, il fait le tour du terrain avec le gérant. On y trouve tout ce qu’une entreprise extérieure ne voit pas forcément : les piquets de délimitation des emplacements, les robinets, la guirlande lumineuse accrochée dans la haie du bar, un regard d’assainissement au pied de la haie des gîtes. Chaque obstacle est retiré ou signalé.

L’employé lit ensuite la notice, fait ses premiers passages sur les haies du fond, loin des gîtes, et apprend à trouver l’allure à laquelle la coupe reste propre. Les abords des portillons et des bornes électriques restent taillés à la main.

Le troisième sujet, le calendrier, s’est révélé le plus simple. La fermeture du camping tombe en automne et en hiver, au moment où la taille est conseillée : hors nidification, sans clients, avec un tracteur disponible. Les journées de taille se placent entre les travaux de fermeture et ceux de réouverture, et les rameaux coupés sont ramassés au fur et à mesure pour le compost. Au total, la taille occupe quelques journées d’hiver, à une période où l’équipe a de la marge.

Ce qui reste confié à l’extérieur, et ce qui a changé

Reprendre les haies ne veut pas dire tout faire soi-même. Les grands arbres, les branches proches des lignes électriques et les coupes de gros bois restent l’affaire de professionnels équipés et formés. Un taille-haie à bras travaille sur du bois jeune, pas sur des charpentières.

Pour le reste, le changement se voit en deux saisons. Les haies sont taillées quand le domaine le décide, à la hauteur voulue. Le gérant en profite pour leur redonner progressivement une forme de trapèze, plus large à la base qu’au sommet : les branches du bas retrouvent la lumière, les haies se regarnissent par le pied, et l’intimité des emplacements revient.

Le domaine peut aussi choisir ses hauteurs zone par zone : des haies hautes autour du parking et le long de la route, plus basses autour de l’aire de jeux, pour que les parents gardent un œil sur les enfants depuis leur terrasse. Les gîtes ouverts toute l’année demandent un peu d’organisation, rien de plus.

Si vos gîtes restent ouverts l’hiver, calez les passages sur le planning des réservations plutôt que sur la seule météo. Une haie taillée un mardi, entre deux départs, ne gêne personne. La même, un samedi matin de jour d’arrivée, laisse surtout à vos hôtes le souvenir du bruit.